Captages d'eau : Grand Poitiers finance les agriculteurs qui changent leurs pratiques

Un château d'eau, ouvrage qui stocke l'eau potable avant sa distribution aux abonnés
Photo : Didier Descouens, CC BY-SA 4.0 (Wikimedia Commons)

Le conseil communautaire de Grand Poitiers, réuni vendredi 25 septembre, a voté la mise en place d’une aide financière directe pour les agriculteurs volontaires installés sur les aires d’alimentation de captages du territoire. L’objectif est de faire évoluer les pratiques sur les surfaces qui alimentent les nappes et les prises d’eau, là où les nitrates et les pesticides menacent la ressource.

Deux secteurs sont concernés. Le captage de Fleury, à Boivre-la-Vallée, exploite une eau souterraine qui représente entre 30 et 50 % des besoins en eau potable du territoire, soit environ 3 millions de mètres cubes prélevés par an sur 26,5 kilomètres carrés, dont 87 % de surface agricole utile. Le second, le captage de la Varenne, à Saint-Benoît, prélève l’eau du Clain : 20 à 30 % des besoins, environ 2 millions de mètres cubes par an, sur un bassin où l’agriculture occupe près de 2 000 exploitations. Les deux aires sont suivies dans le cadre de la démarche régionale Re-Sources, qui accompagne déjà les cultures à bas niveau d’intrants, comme la filière chanvre. Le dispositif est détaillé sur la page que Grand Poitiers consacre à la ressource en eau.

Ce que cela change à Chasseneuil

Chasseneuil-du-Poitou fait partie des treize communes dont la communauté urbaine produit et distribue elle-même l’eau potable. L’usine de Bellejouanne, à Poitiers, assure 60 % de cette production, environ 13 000 mètres cubes par jour, alimentée à 60 ou 70 % par la source de Fleury et pour le reste par la prise d’eau de la Varenne. La qualité de l’eau qui sort du robinet dépend donc directement de ce qui se passe dans les champs situés en amont, à une vingtaine de kilomètres à l’ouest de la commune.

Pour les habitants, l’enjeu n’est pas théorique : une eau plus chargée en nitrates ou en produits phytosanitaires se traite plus cher, et le coût revient à la facture. En payant les agriculteurs qui modifient leurs pratiques, Grand Poitiers choisit la prévention plutôt que le traitement.