Grand Poitiers : 270 000 euros votés pour sauver l'EHPAD de Migné-Auxances

La croix de Jérusalem, à Migné-Auxances, dans la Vienne
Photo : Havang(nl), CC0 (Wikimedia Commons)

Le conseil municipal de Migné-Auxances a voté lundi 21 septembre une avance de trésorerie de 270 000 euros pour l’EHPAD public des Fougères, géré par le CCAS de la commune. L’établissement traversait une situation financière critique, explique son maire, Benjamin Couton, dans un entretien à ICI Poitou.

« C’est un choix politique. Le fait est qu’on avait 50 emplois qui pouvaient disparaître si l’EHPAD fermait. On a une soixantaine de résidents, donc on n’a pas envie de les mettre sur le carreau, leur famille non plus », justifie l’élu, le plus jeune maire de la Vienne, élu en mars à 26 ans.

La cause est connue dans le secteur : une gestion passée qui n’était « pas toujours idéale », l’inflation, et un engagement de l’État jugé insuffisant pour les personnes âgées. « Presque tous les EHPAD dans notre pays sont en déficit, mais il faut quand même qu’on ait des solutions pour nos aînés », ajoute-t-il.

La contrepartie se paiera sur les investissements. Les travaux prévus en 2027 pourraient être repoussés à 2028, qu’il s’agisse de voirie ou de rénovation d’infrastructures sportives et d’écoles. La commune a augmenté sa taxe foncière de 1,7 %, moins que l’inflation, pour maintenir services et subventions aux associations.

Ce que ça dit pour Grand Poitiers

Chasseneuil-du-Poitou partage avec Migné-Auxances la même intercommunalité et la même feuille d’impôt foncier. L’épisode rappelle que la hausse votée à l’échelle de Grand Poitiers pèse sur tous les contribuables du territoire, et que les communes supportent ensuite seules les conséquences budgétaires de leurs équipements.

Benjamin Couton dit d’ailleurs avoir voté contre cette hausse intercommunale, tout en la jugeant nécessaire au vu des finances de l’agglomération. Son grief porte sur la méthode et sur les baisses de dotation aux associations qui l’ont accompagnée : « On voit la taxe foncière augmenter, on ne voit pas forcément les services en face », résume-t-il. Un argument qui circule dans les communes voisines.